Je viens enfin de terminer Death Stranding sur PS4. Au lieu de faire un test, j’aimerai parler sur ce que le jeu m’a appris. À savoir l’importance du lien, qui est le thème central du jeu.

ATTENTION : Il y aura des spoilers sur l’histoire jeu. Vous avez été prévenus !

C’est assez incroyable que la plupart des gens sont divisés sur le nouveau magnum-opus par Hideo Kojima. Le gars aime faire des scénarios qui virent dans le WTF. C’était le cas avec la série Metal Gear chez Konami, et c’est toujours le cas avec Death Stranding.

Après 90 heures de jeu (voir plus avec la complétion à 100%), le tout en mode Difficile (parce que pourquoi pas), je peux enfin dire que l’expérience Death Stranding m’avais beaucoup surpris, après avoir compris l’histoire.

Au lieu de faire un test complet, je préfère parler du sujet principal du jeu, qui est l’importance du « lien ». Du moins, du mieux que je peux.

Mais si vous voulez un briefing : les graphismes sont excellents, la musique est captivant, le voice-acting (du moins en anglais) est au top et le gameplay est solide, malgré les plaintes par les journalistes de jeu. Bien-sûr, ça nécessite du temps à comprendre comment interagir et savoir gérer sa marchandise. Mais c’est une autre histoire.

Des villes et des joueurs connectés

L’univers de Death Stranding se rapproche du post-apocalypse futuristique. Le monde est ravagé par le phénomène du Death Stranding, qui cause des explosions cataclysmique (nommé Néant) et de la pluie qui accélère le temps (appelé Timefall). En tant que livreur pour le compte de Bridges, Sam (donc vous), aura à reconnecter les villes entre eux pour reconstruire un pays découpé de ses liens, à travers le réseau chiral.

Regarde BB. Toute cette immensité baignée de lumière est notre royaume.
Regarde BB. Toute cette immensité baignée de lumière est notre royaume.

Surtout que reconnecter les colonies offre l’avantage d’obtenir de nouvelles et meilleurs équipements pour Sam, rendant la livraison plus rapide. Et aussi permettre de rajouter encore plus de structures et faire des merveilles sur le terrain (quittes à faire un circuit de snowboard).

Mais le point positif sur Death Stranding est que chaque joueur peut contribuer à aider les autres joueurs. Oui, le jeu se fait en solo, mais dans le même style que Dark Souls, la communauté peut vous aider à faciliter vos livraisons. Pas seulement avec des panneaux d’aide, mais aussi avec les structures et véhicules disponibles sur le terrain. Ce qui donne tout un sens au terme Homo Ludens par l’historien Johan Huizinga.

Assez ironique que ça fait référence à l’importance des réseaux sociaux dans notre société. Je veux dire, le pouce bleu fait trop penser à Facebook, qui est le réseau social le plus utilisé dans le monde. En même temps, c’est un peu le but quand on créer un profil social dans un monde connecté. On rends service, on s’entraide et on est récompensé par la suite. Si seulement c’était le cas avec les réseaux sociaux qu’on utilise, mais bon.

Ce qui m’amène avec le cas du réseau chiral que est pratiquement, Internet. C’est devenu le média le plus utilisé, compte tenu de sa rapidité. Toutefois, rien ne vaut l’efficacité des livreurs, qui bravent l’environnement pour remettre les colis en mains propres. Ce qui est autant plus ironique, compte tenu de la situation en 2020, avec la pandémie du Covid-19.

Reconnecter un lien qui est rompu

Cela m’amène avec le deuxième point sur le message du jeu : renouer un lien qui est rompu. On avait vu la phase de connexion, mais il y a aussi des moment où ce lien est rompu temporairement.

Dans le cas des colonies, il est souvent difficile de les rejoindre dans le réseau chiral, pour X raisons. C’est à travers les mails que l’on voit s’ils se sentent prêts à rejoindre les UCA, quittes à faire plusieurs livraisons, afin d’atteindre le niveau 2 de confiance.

"Je ne suis pas venu au monde. Je suis qu'un pantin de chair sans âme. Et sans ka. Un mort vivant." - Deadman
« Je ne suis pas venu au monde. Je suis qu’un pantin de chair sans âme. Et sans ka. Un mort vivant. » – Deadman

Mais c’est avant tout dans les personnages de Death Stranding où le thème du lien brisé se reflète chez certains. Dans certains épisodes centré sur un personnage, on apprend un peu plus sur leur passé. Et pour ceux qui ont un nom de code, la raison derrière leur pseudonyme :

  • Fragile : la perte d’une ville entière après avoir été trahie par Higgs
  • Deadman : la perte de son « humanité », car il est l’équivalent de la créature de Frankenstein
  • Heartman : la perte de sa famille après un néant, durant une opération chirurgicale pour son cœur
  • Mama : la perte de son lien avec sa sœur jumelle Lockne, ainsi que de son enfant qu’elle porte.
  • Die-Hardman : la perte de son identité, après avoir accidentellement tué son capitaine Cliff et son enfant.
  • Cliff : La perte de son enfant, ainsi que de sa femme
  • Bridget Strand : la perte de son âme, qui prendra une forme humaine, sous le nom d’Amélie (qui est un porte manteau de la phrase « A Lie » : un mensonge)
  • Sam : la perte de sa femme, son futur enfant et de sa ville natale, causé par un Néant.

Chaque personnage, que ce soit à travers les cinématiques ou les interviews que l’on récupère, montre un signe qu’ils ont, à travers leur vie, perdu un lien personnel. On a eu, dans notre vie, un moment où on a perdu quelque chose qui nous tient à cœur. Pas seulement un objet de notre passé, mais une personne qui a de l’importance pour nous. Et le processus pour renouer ce lien peut être difficile.

Les derniers moments entre les sœurs Mama et Lockne
Les derniers moments entre les sœurs Mama et Lockne

C’est notamment le cas avec Sam, qui au départ, se contrefiche de « renouer » l’Amérique. Simplement de faire son job de porteur, en tant qu’indépendant et pour le compte de Bridges. Mais au fil du jeu, il parvient à renouer les villes entre elles et forger des liens d’amitié avec divers personnages. Je peux citer, par exemple, la mission où il faut ramener la petite amie du Ferrailleur en vie ou réunir les sœurs Lockne et Mama.

Le « pont » vers l’avenir

Ce qui m’amène au dernier point concernant le thème du jeu : le « pont » vers l’avenir. Là encore, je ne suis pas le mieux placé sur ce sujet, car c’est plus dans le thème parental. Donner naissance à un enfant est un moment inoubliable pour certains. Ça peut faire peur, puisqu’il revient à avoir des responsabilités importantes. Mais l’éducation d’un enfant, et contribuer à son épanouissement, reste un chemin vers notre futur. On a cette idée qu’il représente notre succession et permettre à avancer vers le futur.

Ce qui m’amène vers la scène, où Sam rencontre une dernière fois Cliff Unger, qui dévoile être son père : son « pont » vers l’avenir. Malgré la mort tragique des deux personnes, ils ont gardé ce lien même à l’au-delà. Quittes à s’enlacer une dernière fois avant leur « fin » tragique. Malgré leur différence et le fait qu’ils n’ont jamais grandis ensemble, le lien parental reste omniprésent.

"Ils m'ont dis que tu est Sam Porter. Mais tu est Sam Bridges. Le point vers mon futur."
« Ils m’ont dis que tu est Sam Porter. Mais tu est Sam Bridges. Le point vers mon futur. »

Tout aussi ironique, quand on apprend sur le passé d’Hideo Kojima, qui a perdu son père quand il avait 13 ans. Et ça se reflète sur ce jeu : le lien fracturé entre un parent et son enfant. Ce qui est aussi présent dans la série Metal Gear, depuis le 1er Metal Gear Solid, avec Big Boss et ses « enfants terribles ». Mais aussi à travers les combats cauchemardesques dans le jeu, reflétant sa colère et sa tristesse de perdre son BB et sa femme. Au point où à la fin, il fait la paix à son fils et lui dire qu’il est fier d’avoir « réuni » les villes d’une Amérique divisée et détruite.

La phrase où Cliff disait qu’il n’était qu’une montagne et que Sam est son « pont » vers l’avenir. Son héritage. Et qu’il l’aimera même après sa mort. Comme la mère qui porte l’enfant sur son ventre, le père fait office de protecteur et d’éducateur pour développer le caractère de son enfant. Ce qui va lui permettre de forger son identité.

C’est tout aussi touchant et triste quand on se lie d’amitié avec Lou. Le BB de Sam, devient plus qu’un outil de détection contre les Échoués. J’ai toujours un sourire à le chouchouter pour garder sa barre de stress intact. Et c’est autant plus triste durant le dernier épisode, où il faut l’amener à l’incinérateur. Le tout avec le thème de BB en musique de fond.

« L’avenir est entre vos mains »

Death Stranding est pour moi un chef-d’œuvre sous-apprécié. Et il est vrai qu’il ne va pas plaire à tout le monde. Là encore, j’avais donné mon opinion sur ce que le jeu m’a appris. Et il y a encore des questions que je me pose sur le message du jeu. Là encore, si vous avez d’autres opinions, je vous invite à le partager en commentaire.

Ce n’est pas seulement le lien entre la vie et la mort, mais aussi le lien entre nous, les joueurs. Hideo Kojima, s’inspirant du roman par Kobo Abe « La Corde », où les premiers hommes ont conçus deux outils : la corde pour attacher, et le bâton pour se protéger. Les jeux d’actions ont tous une étymologie du bâton. Mais qu’en est-il de la corde ? C’est en partie la communauté du jeu. C’est visible dans les jeux MMO pour accomplir une quête en commun, et c’est devenu plus présent avec l’idéologie de créer un monde sociale. De plus en plus de jeu tente d’incorporer une connexion en ligne, pour s’entraider. Ce qui diffère de la compétition.

Si vous êtes plus intéressé pour un jeu qui est simplement, un jeu pour s’évader, Death Stranding n’est pas certainement pour vous. Car oui, il y a du gameplay, mais son point fort reste son histoire et le message qu’il porte. Car même si les opinions sont différents, nous restons des fans du média.

Un dernier moment entre Sam et Amélie, sur la Grève.
Un dernier moment entre Sam et Amélie, sur la Grève.