« Tout doit être dans le politiquement correcte » à travers les médias, y compris les jeux vidéo. Mais le wokeness en vaut-il la peine ?

J’essaie d’éviter ce sujet depuis un long moment. Je suis une personne qui n’aime pas trop parler politique. Surtout dans un sujet délicat comme celui-ci. Donc je le dit d’avance, si vous vous sentez offensés, cette article n’est pas pour vous. Et bien-sûr, je vous invite à venir discuter en commentaires.

Pour ceux qui ne savent pas, le « wokeness » est un état de conscience, ou de réveil, sur ce qui touche principalement les problèmes sociaux (racismes, inégalité, sexisme,…). Nous sommes conscient de ces problèmes dans notre vie commun. Mais ce n’est pas comme aujourd’hui, surtout dans les médias, où tout doit être dans le politiquement correcte. Et parmi ces médias, on y trouve la télévision, le cinéma, Internet, les comics et même les jeux vidéos.

Bien que le message se dit être de bonne cause, ce n’est pas sans conséquences, surtout économique. Les médias sont, pour la plupart d’entre eux, une échappatoire. Un moyen de se divertir et d’oublier les tracas de notre vie normale. Mais vouloir inclure du « politiquement correcte » sur ce media, c’est comme se retrouver dans la vie réelle. Et ce n’est pas ce qu’on souhaite.

C’est pour ça que le terme « Get Woke, Go Broke » existe : en voulant investir auprès de personnes qui n’appartiennent pas à leur démographique, mais qui veulent être « représentés », et forcer cet agenda, l’échec est majoritairement imminent.

Le mouvement n’a pas commencé dans les années 2010

Vouloir rendre les jeux vidéo plus « PC », ça ne date pas d’hier. Depuis les années 70, au début des jeux vidéo, il y avait des plaintes sur la violence dans ce média, par les parents, activistes et politiciens. Et encore, ça continue à vouloir faire le lien entre des massacres orchestrées par des jeunes et les jeux dites « violents ». Et même avec les censures à travers certains pays, on y trouve aucun lien entre les deux.

Jack Thompson et son meilleur ennemi, la série Grand Theft Auto
Jack Thompson et son meilleur ennemi, la série Grand Theft Auto

Parmi les personnes opposés à ce média, on y trouve Jack Thompson, un ex-avocat et « activiste » américain, qui considère les jeux vidéo violents comme « simulateur de meurtre ». Il avait tenté plusieurs fois de porter plainte contre les studios de jeux, comme Nintendo, Sony, Sega ou Take-Two Entertainment. Bien-sûr, ces plaintes sont soldés par des échecs, au point que ses tentatives et ses actions lui ont coûté sa carrière.

Même après que M. Thompson n’est plus appliqué dans la chasse au jeux vidéo, il y a une autre forme d’activistes à l’encontre des médias en général : les SJW.

Répondre à la bonne cause, par tout les moyens

Les SJW (Social Justice Warriors) sont des défenseurs pour la justice sociale. Alors que le terme existe depuis 1991, en tant que description, la réputation s’est dégradé par la suite. Non pas par sa cause, mais par les personnes qui les représentent. Par là, ils tentent de proliférer leur message du PC, à travers les médias du divertissement. Quittes à harceler l’opposition et en venir aux menaces, surtout à travers Internet.

Bien-sûr, je ne peux pas parler de SJW, sans aller vers l’histoire du mouvement Gamergate de 2014. Pour faire brève, les consommateurs se plaignent de la corruption dans le journalisme du gaming, ainsi que des SJW et extrémistes à forcer leur idéaux dans ce média. Alors que ça a permis de changer l’éthique des journalistes à ne pas montrer de favoritisme (bien que ça existe encore, mais pour des raisons d’argent), on y retrouve cette demande d’aller dans le « wokeness » pour satisfaire ce besoin personnel, que le public cible n’a certainement pas. Et s’ils n’est pas accepté par la masse, sont insultés en ligne pour être un misogyne, un raciste, ou l’insulte de votre choix.

Et la pire chose pour un développeur, voir un porte parole du studio, est d’insulter sa clientèle pour ne pas aimer leur vision. Ce qui est la tendance commun des projets se voulant être progressiste.

Exemples de « Get Woke, Go Broke » dans l’univers gaming

Il y a plusieurs exemples d’échecs à vouloir être progressive dans les médias du divertissements. Principalement dans les comics, les films et les séries TV. Le jeu vidéo a eu des cas de vouloir répondre au « wokeness », soldés dans la majorité des cas par un échec. Après, ce n’est pas la seule raison avec les exemples que je vais montrer.

Battlefield V – pas dans mon champ de bataille !

Trailer de Battlefield V de 2018.

Parlons de la controverse sur le jeu Battlefield V en 2018. Le jeu a eu son lot de points négatifs. Son manque de respect au contenu historique sur la 2e Guerre Mondiale en est la cause principale, avec le fait qu’il soit sortie trop tôt.

Mais le début des ennuis venait durant l’annonce du trailer. Les fans de la série n’ont pas appréciés le côté customisation (dont certains éléments n’ont aucun sens), voir le fait que ça ressemble plus à Wolfenstein qu’à un Battlefield (un univers fictif). Mais le moment qui n’a pas plus aux fans était l’introduction d’un soldat féminin, qui en plus porte une prothèse sur un de ses bras. Un signe que le jeu s’inspire du « wokeness », qui n’a aucun sens durant cette période.

Pour rajouter du sel sur la plaie, c’est qu’il y avait des femmes qui étaient présentes durant la 2e guerre mondiale. Et il y avait du potentiel à créer des campagnes sur cette histoire. Bien que la majorité sont plus en tant qu’assistantes (pilotes d’avion, ingénieurs, soignants,…), d’autres notamment dans l’Axis et les forces allées européens font dans l’espionnage et la résistance. Même dans l’Union soviétique, il y avait des femmes soldats présents sur le champ. Comme Lyudmila Pavlichenko, alias « Lady Death », qui est considéré comme l’un des meilleurs tireurs sniper dans l’histoire. Même parler des indigènes listés dans l’armée française seraient intéressant. Dont ils l’ont fait dans leur campagne principale, mais de façon bâclé.

Malheureusement, ce n’était pas le cas. Et ça a été confirmé par Alan Kertz, directeur artistique sur BF5, pour plaire à sa fille et qu’ajouter des femmes soldats serait « dans le droit chemin de l’histoire ». De même pour Patrick Soderlünd, Directeur créatif. Qui va même à considérer ceux n’ayant pas acheté le jeu comme des « incultes ».

Battlefield V, pour son manque de respect aux sources, mais aussi pour son gameplay mediocre. Ça fait perdre 350 millions de $ à EA, et le jeu sera discontinu à partir de l’été 2020.

Tropes vs Women in Video Games

Extrait du 1er épisode : Les demoiselles en détresse - 1ère partie
Extrait du 1er épisode : Les demoiselles en détresse – 1ère partie

Beaucoup de choses ont changé sur la perception de la femme dans le jeu vidéo. Bien que certains tropes restent le même, certains ont brisé les stéréotypes. On aurai pas des héroïnes comme Lara Croft, Samus, Princesse Peach, Chun-Li ou Cortana, juste pour citer quelques unes. Toutefois, ce n’est pas assez pour certain(e)s qui veulent s’en plaindre.

Vient la série « Tropes vs Women in Video Games » par l’activiste Anita Sarkeesian, et Jonathon McIntosh.. La web-série se voulait à expliquer le problème et l’évolution du portrait de la femme dans le jeu vidéo. Ce qui peut être bien, si ce n’était pas pour divers problèmes.

En premier lieu, les vidéo de gameplay ne viennent pas d’elle, mais d’autres Youtubers (notamment World of Longplays), sans les créditer par la suite. De plus, certains points sont mal expliqués, erronés, ou fait exprès pour être en sa faveur. Comme exemple, tuer des victimes (surtout des femmes) dans Hitman: Absolution, alors que c’est interdit dans le jeu. Chaque vidéo de la série ont leur lot d’erreur, mauvaises assomption ou mauvaise recherche.

Surtout que Mme Sarkeesian ne se considère pas comme une gameuse. Ce qui se reflète sur ses vidéo, mais aussi par son manque de connaissance. Et du fait que c’était avant tout pour l’attention et l’argent (le projet était financé par Kickstarter).

Mentions spéciales de tentative de « wokeness »

  • Kingdom Come: Delivrance. Les sites Americains comme Kotaku ou Polygon on voulu tenté de boycotter le titre pour son « manque de minorité ». Malgré que le jeu se déroule en Bohémie du 15e siècle.
  • Dead or Alive 6. La série connue pour son niveau élevé de « fanservice » avait à réduire le look des personnages féminins pour être plus présentable pour l’e-sport. Sauf si on compte le stream d’EVO Japan 2019 qui a été coupé après ce « léger incident« . Ce point, parmi tant d’autres, se reflete sur les ventes du jeu, au point qu’il n’est plus mis à jour depuis mi-avril 2020.
  • La plupart des jeux par PeTA. Ces jeux « parodiques » ont pour simple but de promouvoir leur vision sur la « cruauté animal ». Parmi les parodies, on y trouve Super Mario, Pokémon, Super Meat Boy et même Cooking Mama. Sauf que ces parodies sont non seulement violents, n’ont aucun contexte par rapport aux sources, et ont une mauvaise maniabilité.
  • The Witcher 3 s’est vu accusé de racismes sur Internet, malgré que c’est inspiré de l’histoire Scandinave, Polonais et Allemand. Et que ça se déroule dans un univers Médiéval fantastiques où les minorités sont très rares (sauf si on compte les elfes et nains). Mais malgré les plaintes, le jeu rencontre un énorme succès.

Que peux-t-on en tirer du mouvement « wokeness » ?

Avant que les critiques ne viennent il faut savoir une chose. C’est toujours une bonne chose d’avoir une ouverture d’esprit à laisser la chance aux personnes différentes. Quelque soit leur couleur de peau, orientation sexuel, ou handicap. Dans un media de divertissement, l’histoire et ses personnages reste important à son existence. Mais ça ne doit pas être forcé, comme ce qu’il se passe aujourd’hui. Surtout si c’est une licence déjà établie, au prix de perdre sa communauté et détruite le cœur de cette univers, dans un but « progressive ».

Le jeu vidéo, comme pour le comics, la télévision ou le cinéma, n’a pas à constamment suivre la tendance pour être un succès. Oui, il y aura toujours de la censure, selon le pays, et il y a cette manie à vouloir « plaire à tout le monde ». Mais au final, ça reste un divertissement fictif. Un moyen de nous couper de la réalité. La politique, sauf si c’est de manière exagéré voir parodique, n’a rien à voir là-dessus.

Après, il y a des jeux qui ont inclus du « wokeness », mais de façon subtile (souvent, pas inclus dans le jeu). Tout en se focalisant sur la création d’une histoire qui tiens la route (comme la plupart des jeux par Bioware).

La plupart de ces défenseurs, souhaitant ces médias à devenir « woke », sont souvent là que pour l’argent et l’attention. Ce qui dévie de la cible principale : les gamers dans le cas du jeu vidéo, qui sont aussi les consommateurs. Et les insulter pour ne pas partager la vision de « wokeness », c’est se tirer une balle dans le pied.

Morale de l’histoire : « Stay asleep, pockets deep » (restez endormi, poches remplis).